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Des agents de changements inspirants

Pour une pédagogie toujours plus innovante!

Par définition, un agent de changement est quelqu’un qui, par une action directe ou indirecte, agit consciemment sur son environnement pour implanter le changement souhaité. Dans cet article, nous vous invitions à découvrir le portrait de quatre leaders charismatiques et inspirants : un enseignant du Manitoba, une élève du Nouveau-Brunswick, une directrice d’un Consortium provincial francophone en Alberta et un coordonnateur du Québec. Provenant d’horizons divers mais conscients de la nécessité de faire bouger les choses et de répondre adéquatement aux besoins de leur milieu respectif, ces quatre agents de changement ont su, à leur façon, poser des gestes significatifs, communiquer leur vision de l’éducation, mobiliser leur milieu et utiliser les stratégies appropriées pour implanter un changement éducatif durable.

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Cet article présente quatre agents de changement qui ont su, par leur créativité, leur énergie et leur contribution insuffler un vent de changement dans la culture de leur milieu. Dans son livre « Le changement organisationnel, théorie et pratique », l’auteur québécois Pierre Collerette et ses collègues définissent ainsi le concept d’agent de changement : « …ceux qui agissent consciemment sur l’environnement pour faciliter l’implantation du changement projeté. Ainsi, toute personne ou tout système qui contribue par une action directe ou indirecte à l’implantation du changement est un agent de changement. » 1 À partir de cette définition, nous vous invitions à découvrir le portrait de quatre leaders inspirants : un enseignant du Manitoba, une élève du Nouveau-Brunswick, une directrice d’un consortium provincial francophone en Alberta et un coordonnateur du Québec. Vous verrez comment ces quatre agents de changement canadiens ont su poser des gestes significatifs, communiquer leur vision de l’éducation, mobiliser leur milieu et utiliser les stratégies appropriées pour implanter un changement éducatif durable.

MILY CARON, élève (Nouveau-Brunswick)

Âgée de 16 ans, Mily est une élève de 11e année de la Polyvalente Thomas-Albert de Grand-Sault au Nouveau-Brunswick. Impliquée, dynamique et ouverte d’esprit, elle souhaite faire une différence dans son école, comme dans sa communauté.

Elle est fière d’apporter sa contribution au système éducatif du Nouveau-Brunswick : « J’aime entreprendre de nouveaux projets, me lancer des défis et surtout venir en aide aux gens de mon entourage. J’ai grandi en me démarquant à l’école, mais j’en voulais encore plus! J’ai enrichi mon bagage de leadership en m’inscrivant dans divers comités et dans le conseil des élèves. L’éducation me tient à cœur, je sentais donc un besoin de faire valoir l’opinion des jeunes aux gens responsables de notre éducation. Alors, c’est en 10e année que j’ai décidé de me présenter comme Élève Conseillère du District Scolaire Francophone du Nord-Ouest (CÉD). Élue à ce poste pour une 2e année consécutive, je suis également dans le Conseil directeur de la Fédération des Jeunes Francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB). J’ai donc la chance d’exprimer mon opinion et celle des écoles que je représente afin d’améliorer notre système d’éducation, de contribuer aux changements et de donner la chance aux jeunes de crier haut et fort leur façon de voir les choses. »

Le but de Mily : faire du Nouveau-Brunswick un endroit où les jeunes sentent qu’ils ont un certain pouvoir sur leur avenir. Elle invite donc tous les jeunes à s’engager pour changer les choses : « Alors, chers amis, élèves et étudiants du Canada, faites comme moi : impliquez-vous, démarquez-vous et vous verrez que l’école n’est pas simplement un milieu où l’on est assis en écoutant la matière donnée… C’est notre entrée au monde! Il faut d’abord s’impliquer dans notre entourage avant de viser plus grand. »

SIMON NORMANDEAU, enseignant (Manitoba)

Enseignant de profession, Simon Normandeau est à la présidence des « Éducatrices, éducateurs francophones du Manitoba » (ÉFM), une agence de la « Manitoba Teachers’ Society » représentant le syndicat des enseignants du Manitoba. Afin d’agir efficacement dans le domaine de l’éducation en français au Manitoba, Simon est constamment à l’affût de moyens pour offrir du perfectionnement professionnel aux 1 850 membres de son Association qui enseignent dans les écoles francophones et dans les écoles d’immersion, partout dans la province.

Il est parfois assez difficile de rejoindre tous les membres des ÉFM parsemés un peu partout dans la grande province du Manitoba, notamment à cause de la distance, du temps de déplacement et du coût élevé des frais de transport. Certains enseignants sont souvent peu nombreux à enseigner en français dans leur école. Il arrive même, à quelques endroits, qu’un enseignant soit seul dans son établissement! Alors comment les aider et leur suggérer des changements? Convaincu que la voie du changement passe par la formation continue, Simon investit beaucoup d’énergie dans les réseaux d’apprentissage régionaux pour permettre, entre autres, à un groupe d’enseignants provenant d’au moins deux écoles de développer et d’entretenir un réseau de relations professionnelles dans leur région, tout en leur procurant les fonds nécessaires pour subvenir à leurs besoins pédagogiques et de perfectionnement professionnel.

Créatif, dynamique et soucieux d’aider ses pairs, Simon est constamment à la recherche d’idées novatrices pour identifier leurs besoins et y répondre adéquatement, malgré les écueils inhérents au contexte de son travail.

MADELEINE LEMIRE, directrice d’un consortium provincial francophone (Alberta)

Madeleine Lemire est directrice d’un des 7 consortiums albertains : le Consortium provincial francophone pour le perfectionnement professionnel (CPFPP). Son mandat est d’appuyer la mise en œuvre des nouveaux programmes et d’offrir du perfectionnement professionnel aux intervenants en éducation francophone de la province de l’Alberta. La disparité et les distances des écoles représentent un énorme défi.

À son arrivée en poste, le perfectionnement se traduisait par des formations face à face. Madeleine a travaillé sur une variété de projets axés sur l’exploration d’outils et de logiciels pour une pédagogie innovante. Un comité de « Technologie éducationnelle » a été formé et une demande d’octroi provincial pour l’embauche d’un expert dans ce domaine pour chaque consortium a été initiée. Cet octroi a également permis d’acquérir des plateformes communes avec licence conjointe pour des outils de communication et de partage misant sur des modes de formation synchrones et asynchrones. Grâce à son expertise et à ses compétences en technologie, le CPFPP et les partenaires de ARPDC2 ont pu expérimenter des approches novatrices pour le bénéfice des enseignants et des élèves. L’habileté de Madeleine à regrouper le monde et à établir une bonne communication pour s’assurer que les idées de tous soient respectées a été déterminante dans ce processus de changement.

Les éléments-clés du succès de Madeleine : le leadership, la communication, le travail collaboratif et l’engagement des partenaires.

JACQUES COOL, coordonnateur du CADRE 21 (Québec)

Jacques Cool, originaire du Nouveau-Brunswick, œuvre en éducation depuis 30 ans et a eu une longue carrière au ministère de l’Éducation de sa province natale. Ses réalisations sont nombreuses. Il fut, entre autres, responsable de la mise en œuvre de nouveaux programmes de sciences en 8e et en 9e année, de la coordination de l’évaluation pancanadienne en sciences PIRS, de l’élaboration du référentiel pour l’école secondaire renouvelée, de la coordination du colloque annuel de leadership pour les jeunes leaders au secondaire ainsi que du développement et de la livraison de 24 nouveaux cours en ligne pour les écoles secondaires.

C’est par ce dernier dossier que Jacques est devenu technopédagogue reconnu, exerçant une veille professionnelle qui continue d’alimenter les gens qui le suivent sur les réseaux sociaux.

Depuis août 2015, c’est à titre de coordonnateur du tout nouveau CADRE21 (cadre21.org) à Montréal que Jacques veut faire une différence positive au Québec et partout dans la Francophonie, notamment par une offre de formation continue avec un système innovateur de reconnaissance des compétences développées, les « badges numériques ».

Bien connu dans les réseaux sociaux au Canada et ailleurs (@zecool), Jacques blogue depuis 2004 et donne des conférences un peu partout. Il se considère comme un vecteur d’idées pour susciter le changement positif dans les systèmes scolaires. « Nous vivons une époque absolument fascinante dans l’histoire de l’humanité. L’école doit être au rendez-vous. Si ma position d’observateur et de relayeur d’idées permet aux gens sur le terrain de transformer l’école pour les bonnes raisons, j’aurai le sentiment d’avoir fait ma petite part. »

 

Recap: By definition, change agents are individuals who, directly or indirectly, consciously influence their environment to bring about the desired change. In this article, we present four charismatic and inspiring leaders: a teacher from Manitoba, a student from New Brunswick, a director of a Francophone provincial consortium in Alberta and a coordinator from Quebec. Although from a range of backgrounds, these four change agents are all aware of the need to stir things up and adequately respond to their respective environments. In their own way, all have taken meaningful action, shared their vision of education, rallied those around them and used appropriate strategies to implement lasting educational change.

 

 


Première publication dans Éducation Canada, décembre 2015

 

 

1 Collerette, P. ,Delisle, G. et Perron,R. (1997). Le changement organisationnel, théorie et pratique, Presses de l’Université du Québec, 142. 

2 Alberta Regional Professional Development Consortia.